Le mot de la faim

Parce que, en bout de ligne, sommes-nous restés sur notre faim?

Avons-nous « assez » voyagé?

Qu’avons-nous découvert?

Est-ce que cela valait la peine?

Une semaine après le retour, encore sous le coup du décalage horaire (petit levé à 4H45 du mat ce matin), mes réponses personnelles à ses questions…

 

Je fais du jogging le long du fleuve, ici, à Vardun, à quelques centaines de mètre de ma maison (enfin, celle de la banque, mais bon). C’est beau. Je veux dire, grandiose. Et je me demande même si le voyage ne m’aide pas à apprécier la beauté qui m’entourent. On se tanne de tout, et même des beaux paysages…

Alors, quitter pour 10 mois, voir d’autres merveilleux paysages et s’apercevoir, au retour, que j’ai cela dans ma cour…

 

Et puis, il y a les gens. Les amis, la parenté, les voisins (Léo et Francine, les Grands Gardiens de la Rue)…

Je viens justement de lire un article sur la difficulté de rencontrer des gens en voyage. Je veux dire, d’avoir de « vrais » conversations » en voyage.

Parce que bon, ce n’est pas parce que tu parle à quelqu’un à Tokyo que cette personne a des affinités avec toi…

Donc, les gens. Voyager 10 mois, ou pendant des années, cela exige, je pense, un tempérament de solitaire. On est pas mal sauvage, Sol et moi, mais pas à ce point…

 

Des regrets? Aucun (bon, oui, la Corée du Nord). Sol serait encore au Japon. Faut dire qu’on ne peut pas se tanner du protocole de service des Japonais. Au Best Buy hier, le caissier, efficace, et respectueux, y allait de ses « Tiens, entre ton courriel ici » en me tendant le clavier d’une main, sans me regarder. Puis, en criant presque : « C’tu toi qui veux des jeux? » à un client qui est sur son téléphone cellulaire… Il fait sa job, il ne manque pas de respect, mais bon, on est tellement pas au Japon…

Parmi les bons coups, celui d’être parti avec plusieurs projets d’écriture… J’ai lu quelque part que de voir de nouveau paysage stimulait la création… Dans mon cas, oui, il y a définitivement un lien entre les deux : je n’ai jamais autant écrit de ma vie (et je n’ai jamais autant mangé de poisson aussi, mais bon, cela n’a rien à voir avec mon propos, mais bon, cela commençait par « je n’ai jamais autant… »).

Juste le blogue, on estime que j’ai écris environ 240 pages… Sol a dû mettre sur le blogue à peu près le même nombre de photo, dont la moitié ou plus de retravailler (le cadrage, entre autres). Mais quel beau souvenir on s’est forgé là…

Autre bon coup : nos « visiteurs », Éric à Malte et Isa au Japon. Deux soleils sur notre voyage. Marci!

 

Mais dans les mini regrets, il y a tout le paradoxe du voyageur : éviter les « places touristiques », éviter les touristes, et donc allez ailleurs (comme à Abatermarco, dans les montagnes, en Italie, en autobus scolaire). Mais, ce faisant, on participe au développement touristique de cette région…

C’est le tapir qui se rentre la langue dans le cul (excusez-le).

Et puis, le tourisme, c’est pas une activité particulièrement écologique. Très peu en fait. Bon, en réfléchissant, c’est salement sale, le tourisme… L’avion, les bouteilles d’eau… Mais aussi la « corruption » engendrée par la présence de deux « riches » occidentaux dans les pays pauvres…

C’est sans doute un des aspects que l’on a apprécié le plus en Italie et au Japon : de ne pas avoir l’impression d’exploiter des gens, une société…

Mais bon, je ne vais pas faire brailler personne là-dessus…

 

Reste aussi les commentaires que les gens ont écris sur le blogue… Toujours une petite fête de les lire, les commenter entre nous, y répondre quelques fois… Durant ce voyage, on a été beaucoup plus connecté que durant le précédant. Il y a 5 ans, on a eu fréquemment des endroits où internet était difficile à obtenir.

5 ans plus tard, même chez les descendants des chasseurs de têtes de Bornéo, on avait internet…

Un mal pour un bien… Cela a drôlement aidé mes projets d’écriture…

Bon, j’en profite pour « ploguer » mon livre anarchiste et pédagogie :

http://m-editeur.info/etre-agir-enseigner-en-tant-quanarchiste-a-lecole-secondaire-enjeux-pedagogiques/

La (fabuleuse) photo de moi sur le site de M éditeur n’a pas été prise dans un photo maton de Tokyo, mais bien adossé sur le mur de notre merveilleuse villa de Bali, à l’ombre du volcan Agung.

 

Alors voilà… Quelques impressions de Montréal : cela n’a pas tellement changé… La bouffe est chère, Sol capote! Faut dire que l’on passe de 10 mois où bon, on calculait nos sous, à une semaine à Montréal, à rendre nos vieilles habitudes de dépenser sans trop calculer… Ben là, on va changer un peu tout cela… Déjà, j’achète moins…

Sinon, mon vélo à un moteur si je le compare aux quelques-uns que j’ai utilisé durant le voyage…

Bref…

La dernière grande question : est-ce qu’on se prépare une autre sabbatique? On y pense sérieusement. Mais si oui, on va changer de style de voyage. Sans doute qu’on va s’établir genre un mois ou deux dans la même maison, faire 3 ou 4 pays seulement… Mais bon, on va faire une année au boulot, et on verra bien…

 

Merci d’avoir lu, commenter, d’avoir été là, et de l’être toujours!

 

Syl

Commentaires (6)

Pierre15 juillet 2018 à 7:38

Remettez-vous de votre décalage avant de repartir dans votre tête 😉

pgluneau16 juillet 2018 à 7:19

Chouette bilan… et chouette livre!

Perso, je pourrais même mettre des S : chouetteS livreS, puisque j’ai accès, chapitre après chapitre, au deuxième! ;^)

Bon retour à vous! Vous devriez approchez de la fin de vos 13 jours d’adaptation suite à vos 13 heures de décalage : courage!

syl17 juillet 2018 à 8:19

Grand merci pour toutes tes chouettes, ô, Grand Chroniqueur devant l’Éternel!

Franc16 juillet 2018 à 1:04

Je compare un peu mes expériences en Italie du sud à la vôtre… pas pareil et je vous envie d’avoir fait cela hors saison touristique. Mais il y a des plus… on rencontre plus de gens… pour les bouteilles d’eau, on s’en reparlera… C’est décevant (désolant même) de voir cela…

Si vous faites des arrêts plus long, dans quelques années nous serions capable d’aller vous voir une semaine ou deux.

À bientôt… (je suis en Sicile et demain la vallee des temples)

syl17 juillet 2018 à 8:18

Ah, c’est quand même drôle, mais je vous jalouse d’être en Sicile… Quelle ile délicieuse…
Bah, cela veut sans doute dire que je ne suis pas encore tanné du Voyage…

Venez souper en revenant, on discutera de tout cela!!!
Bonne vallée des Temples!

Franc18 juillet 2018 à 11:15

La Sicile est vraiment une belle surprise… Quelle belle île… Vous avez en fait influencé mon choix de voyage.

Je passerais un ou deux mois ici. Voir les agrumes mûrir… 🙂

Oui on soupe et s’en reparle avec plaisir!!! Je serais même tente de conduire… un autre mois que juillet ou août… c’est un peu le chaos sinon…

À bientôt…

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