Hotel de l’Amour (?!?) à Okazaki

On a battu un record aujourd’hui : 6 trains, pour 4 heures de déplacement…

On arrive donc à cette ville très connue pour heu, ben, vous savez, son château (reconstruit) et ses jardins pas japonais.

Bon, on est là, pour faciliter notre visite du lendemain aux entreprises Toyota (oui, c’était la réponse à notre dernier jeu, merci Andrée de ta participation!).

On aurait pu rester à Nagoya, mais on se serait taper une heure et demi – deux heures pour visiter l’usine Toyota, trois heures de visite, pour se retaper le deux heures au retour. Nous, si on peut éviter cela, on évite.

Et puis, des hôtels pas chers à Nagoya, niet.

D’où, l’idée de Sol de s’installer plus proche, à Okazaki.

Et puis, on se déniche un hôtel pas trop cher : 120$ la nuit, petit dej comprit.

C’est un hôtel pour adulte seulement. Cool.

Mais on n’est pas certain que ce soit un des fameux  « love hotel » dont tout le monde parle durant les pause-café.

Bah, vous nous connaissez, on aime les surprises.

On arrive à l’hôtel : de loin, il est très beau, sans doute le plus beau de notre voyage au Japon.

Mais il est ceinturé par un haut mur.

Ça sent le Love hotel.

On entre, et les murs du garage sont peinturé en noir, avec des images romantiques (un couple qui danse la valse, d’où le nom de l’hôtel, le Waltz). C’est le genre d’hôtel où tu peux entrer en voiture, et te garer sous l’hôtel directement. Tout est axé sur l’anonymat.

On entre dans le lobby, et on a un panneau d’affichage, avec les chambres dessus. Éclairées, elles ne sont pas louées, pas éclairées, elles sont louées. Et là, il y a un système de paiement automatique.

Mais nous, on a une réservation… Quid?

Je vois un intercom. Sol presse le bouton. Une dame vient nous chercher (voilà, c’est foutue pour notre anonymat : on va être « blackmailler » pour le restant de nos vies…).

La dame nous amène à un autre lobby, celui de la sortie en fait. Il y a un guichet où tu peux parler à un être humain, mais il est fait de tel sorte qu’on ne voit pas nos faces réciproques. Deux grandes vitrines où tu peux acheter toutes sortes de cadeaux, genre la sacoche de luxe, ou le petit sac HelloKitty ou des bijoux… Sol pense que le Japonais vient tromper sa femme et, en sortant, lui achète un cadeau…

On finit par remplir les papiers. Mais là, tout se complique. La dame ne nous donne pas de clef, ni de code pour entrer. Quid? La dame nous mime le téléphone, et nous dit « 9 ».

On commence à comprendre que pour sortir de notre chambre, il faut faire le « 9 » sur le téléphone… Bon, peut-être, mais pour y entrer?

Puis, la dame nous demande de choisir le petit dej. Il n’y a pas de resto comme tel, c’est du service à la chambre.

Et elle tente de nous expliquer un tas d’autres choses, mais non : on ne sait pas réellement de quoi elle parle.

Elle se tanne, et, toujours avec le sourire et très gentiment, décide de nous prendre par la main et ne nous mener à notre chambre, en total contradiction avec la politique de l’anonymat absolue de l’hôtel.

Juste avant de quitter ce deuxième lobby, l’ascenseur ouvre et une jeune japonaise blonde en sort, soulier à talon rouge très haut, escortée d’un vieux japonais (vieux, cela veut dire plus que moi). Ou l’inverse, c’est aussi possible. Il nous dit « bonjour ». Pas elle.

De retour dans le premier lobby. La dame nous explique que, quand on arrive, on pèse sur l’intercom, on dit notre numéro de chambre, et la porte va se débarrer.

Aaahhh, oui, cela a un sens.

On monte au troisième, la porte ouvre sur un corridor dont les murs sont noirs, avec un tamisé rouge.

On arrive à notre chambre, et la porte est effectivement débarrée.

Il y a une antichambre, avec porte et avec un passe plat intégré (voir photo).

Puis, la chambre, très moderne et confortable. Et grande. Lit king. Et un bain à remous (avec de vrais remous solides!) et une grande douche dans une autre pièce.

Et là, la dame de nous expliquer comment commander de la bouffe par la télé. Tout est en Japonais, mais bon, il y a des images.

Elle reste avec nous un bon 5 minutes, histoire que l’on saisisse bien le fonctionnement du tableau de bord des lumières et autres appareils électroniques de première nécessité, comme la machine à sous (voir photo).

Finalement, seul.

On prend au moins une bonne demi-heure à explorer la chambre, et les trois milles détails qu’elle comportent. En vrac : le catalogue des costumes que tu peux louer (toujours en le commandant par le TV); les produits de beauté, pour homme (cheapo) et pour femmes (de qualité supérieure); les deux fer à frisés; les deux réfrigérateurs : un pour notre usage personnel et un autre que l’on peut qualifier de « bar payant » si ce n’était que la dernière rangée, ce sont des godes de différentes sortes qui sont là, à la place du Coke ou de la bière; le catalogue des jouets sexuels; le « grand menu » (en français dans le texte) avec de la bonne bouffe à un prix équivalent au resto (on a réussit à commander, et la bouffe est arrivée un peu moins d’une demi heure plus tard. Service sur tous le menu 24 heures sur 24!?!); le Hitachi et ses condoms; le pneumatique (vous savez, l’appareil qui permet de mettre un message dans un tube, et le tube dans un tuyau et hop! Le tuyau, avec la pression de l’air, s’en va ailleurs) pour permettre aux gens de donner leurs coupons de réduction à la réception sans avoir à descendre au lobby… Il y a aussi la télé qui joue exclusivement des films pornographies au-dessus du bain à remous : mais ne vous en faites pas, la télé est protégée par une grosse pellicule de silicone transparente; une machine karaoké (c’est à ce moment que l’on a compris que soit on allait pas du tout entendre nos voisins, soit on n’allait pas dormir de la nuit : c’est, sans surprise, la première option qui est avérée) …

Bref.

Après deux jours au Love hôtel, on vous le recommande, surtout pour le rapport qualité prix (comme disent les capitaulistes). C’est sûr qu’arriver avec nos deux sacs à dos, on avait pas l’air des clients ordinaires, mais bon, on est habitué à être hors de l’ordinaire… :  )

De toute façon, on est là pour la visite du lendemain, et rien d’autre.

Silence long et agréable.

Donc, le lendemain, on s’en va à Toyota.

Visiter une des usines d’assemblage.

C’est Sol qui a trouvé cela. C’est gratuit.

On part, et on arrive une demi-heure d’avance.

On marche sur le campus de Toyota, et il y a comme 50 agents de la circulation de Toyota qui gèrent le trafic, à raison d’un ou trois agents par coin de rue. Il y a comme une légère exagération, mais les Japonais n’hésitent jamais à mettre plus d’employés que pas assez.

On se présente à la réception et là, bam : il n’y a pas de tours aujourd’hui. Confusion, on sort notre ticket et, effectivement, on s’est gouré d’une journée. Notre visite est pour demain.

Bam.

Retour à Okinawa.

Visite de son château et de son parc. C’est cute. Et puis, on est reçu en roi par les 5 ou 6 membres du bureau touristiques. Ils et elles sont tellement contentes d’accueillir des Occidentaux qui viennent du Canada (« Kanada? Ooooh, Vancouver? ». Quand tu parles du Canada en Asie, tu parles de Vancouver…)).

On achète le billet combiné « musée et château ». Entre le musée et le château, on se dine dans le parc des nouilles soba pour 500 Yen chaque (6$).

Rendu au château, merde, on a perdu nos billets.

Pas de problèmes, les trois préposés à l’accueil du château, qui ont juste nous comme client pour l’instant, appelle le musée, demande si deux Canadiens ont bien acheté un ticket combiné aujourd’hui, c’est confirmé, elles nous laissent donc entrer.

Et pourtant, je n’avais pas mon pata mauve : comment, mais comment nous ont-ils reconnu? Indice : on a vu aucun autre occidental dans le coin.

Le lendemain, de retour chez Toyota. Visite du musée… Bon, c’est gratuit, c’est une visite d’un musée de compagnie, alors ils ne vont pas dire que leurs produits, c’est d’la marde…

Mais bon, cela reste intéressant…

Sauf la (grande) section écologique, où Toyota tente de te convaincre que bientôt, les autos ne vont plus polluer, parce que bon, la révolution hydrogène est arrivée.

Sans vouloir faire pleuvoir sur la parade des gens dans la salle, même à hydrogène, l’auto reste très polluante, ne serait-ce parce que c’est un mode de transport individuel qui demande beaucoup d’infrastructure… Ses composantes ne sont pas particulièrement éco-ami… Mais bon.

Après le musée, c’est la visite d’une des usines d’assemblage, en groupe, et en anglais. Très très impressionnant.

Wow.

Les lignes de montages, cela existe encore. Wow.

Voir les robots en action, et les gens sur la ligne, faisant toujours les mêmes gestes. Wow.

Petite parenthèse utopiste : je me disait que si on pouvait demander aux 8000 ingénieures Toyota de plancher pendant 6 mois sur des affaires moins importantes comme sauver la planète ou la paix dans le monde, je sais pas, je me disais que peut-être ça marcherait… à voir ce qu’ils sont capables de faire pour produire des auto ultra techno en série… Bah non, je blague, c’Est plus important le char de l’avenir que l’avenir lui-même!

Fin du tour, on récupère nos bagages, qu’on avait laissé à la gare dans le (dernier) grand casier, et là, on est en route pour les mini alpes japonaises. On parle de 6 heures de déplacement… On arrive vers 21H00 à notre nouveau AirBandB.

On s’amuse comme on peut.

Syl

PS : On vient d’apprendre que l’état japonais interdit de louer son appart plus de 180 jours par an… En vigueur depuis ce vendredi… On semble chanceux : on n’a pas perdu nos trois prochaines locations… Mais les annonces de AirBandB sont passées de 8000 sur tout le territoire japonais à 1000… D’un autre côté, on n’est pas pour la location « professionnelle » dans AirBandB…Mais sans cela, je ne sais pas si on aurait eu un si beau voyage au Japon…

La voiture à hydrogène… Faut juste oublier les deux tanks d’hydrogène sous pression, sous le banc arrière…

Commentaires (7)

Pierre16 juin 2018 à 8:36

Je rêve, une photo de ‘char’ sur le blogue.
Étant donné le contexte, je me demande si la phrase ‘le pneumatique (vous savez, l’appareil qui permet de mettre un message dans un tube, et le tube dans un tuyau et hop!’ parle d’un truc sexuel bizarre ?

Franc16 juin 2018 à 10:33

Entre le jour 1 et 2 il n’y a pas eu de détails sur la nuit dans l’hotel… j’espere que vous avez joué le jeu. Qui a porté les talons et la jupe ?? 🙂

PS: bon, je comprend le pourquoi de la chose sur le fait qu’il n ‘y a pas d’enfant…

P'pa17 juin 2018 à 11:00

Salut a vous deux…..

Pas trop ébranlé par le tremblement de terre d’ Osaka ????

syl17 juin 2018 à 11:16

Hum… Désolé, on a rien ressentit du tremblement de terre d’Osaka…Nous sommes actuellement dans la préfecture de Nagano, à environ 300 kilo d’Osaka… Mais la semaine passée, oui, on était dans cette région.
On vous en redonne des nouvelles si il y a des conséquences pour nous… Papa poule! : )

Sabourin Micheline18 juin 2018 à 12:00

Bonjour! Merci d’avoir donné des nouvelles après le tremblement de terre. Nous avons vécu ça à Tokyo à 4 heures du matin. Ça surprend ! Nous avions rejoint la capitale par métro à partir de Osaka. ( ou train rapide?) on a eu l’impression de n’avoir jamais quitté Osaka tellement les villes sont étendues et densément peuplées. Bonne continuation. XXX

Andrée27 juin 2018 à 8:52

Donc
Cet hôtel existe.

C’est beaucoup d’informations à digérer.

Cela dit, si jamais l’envie vous reprend de valser (?), j’ai ce qu’il vous faut:
http://www.lefabreville.com/fr/suite/iceberg/

Il y avait aussi la suite «geisha», mais je ne voyais pas pourquoi vous vous priveriez du «spacieux lit rond entouré de piliers d’acier». Bon, il y en a une autre avec un bain tourbillon en forme de coeur… (Oui, je les ai toutes regardées. Ajoute ça à la lecture de cette entrée de blogue, c’est CLAIR que je n’ai officiellement pas assez de santé mentale pour la rentrée…)

pgluneau1 juillet 2018 à 6:47

Wow!! Fascinant, cet hôtel de passe!! Ils ont vraiment pensé à tout!!! :^O

Tout comme François, j’ai hâte de savoir jusqu’à quel point vous avez joué le jeu!! ;^)

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