Oui mais non

C’est le départ de Abatemarco après 5 beaux jours de montagne. La dernière randonnée a été éprouvante : descendre dans la vallée, passer le pont du ruisseau en très bas et remontée abrupte jusqu’à la maison. Il n’y en aura pas de facile. Ce coin de pays ne connait pas le mot « plat ». Malheureusement, on a raté les chiens ce coup-ci… :  (

Mais c’est beau, c’est campagne, c’est italien. Et les italiens sont gentils…

Les Italiennes aussi (oui, bon, écrire cela comme ça, oui, je sais, mais lisez la suite…).

Le jour de notre départ : on se sent obligé de partir avec les raisins et les biscottis maisons de Mathilde. De un, c’est bon, de deux, elle les a fait pour nous : faut pas décevoir les Mamas italiennes.

On est jeudi, le bus passe donc à 10H00. C’est le « pullman » de l’université de Salerno.

Va pour voyager avec des universitaires, cela va nous changer des écoliers…

9H45, on est en face du « bar central » d’Abatermarco. On commence à attendre le bus. Je vais voir le proprio, juste pour nous rassurer. Oui, il y a bel et bien un bus qui s’en vient. Pas qu’on doute de Mathidle, mais elle ne prend pas le bus. Le proprio du bar, lui, le voit tous les jours, le bus.

Sauf aujourd’hui.

En effet, il revient nous voir après 5 minutes. Il nous explique, en Italien, qu’il y a une fête à l’université (où qu’il y a fête) et donc que l’université est fermée aujourd’hui, et donc qu’il n’y a pas de bus. Il vient juste de s’en souvenir.

Nous voilà gros jean comme devant (référence : De Capes et de Crocs).

Ce n’est pas comme si on est comme dans une impasse routière, mais pas loin.

Bon, il parait qu’il y a un taxi dans l’autre village (Montana), à une heure et demi de marche (en montant tout le long). Oui, nos sacs à dos sont légers. Mais non, ils ne le sont pas vraiment. Et puis je porte en surplus plein de bouffe (dont de la confiture maison de Mathilde et deux bières italiennes).

On a genre deux choix : marcher jusqu’au village d’en bas, soit 6 kilo. Ou bien, faire du pouce sur la route du village de Montana.

C’est notre meilleur plan : mais pour se faire, on doit quand même se taper un kilo et demi de montée abrupte. Vraiment abrupte. Pour arriver à la dite route.

Et puis, Sol me dit qu’à 50 ans, faire du pouce, ça commence à faire dur. Mais quel choix avons-nous?

On grimpe. 5 minutes plus tard, un villageois, avec qui on avait brièvement parlé, et sa fille, arrête leur voiture et nous disent de monter (ce qui semble équivalent à ce que l’on faisait déjà, mais non… Je ne sais pas si vous la comprenez…).

On ne se fait pas prier, et on embarque dans la voiture. Ils nous laissent au rondpoint, tout en haut de la montagne, rondpoint où passe les voitures du « gros » village de Montana (et de Abatemarco, évidement).

C’est moi qui pouce.

Après trois tentatives ratées (en moins de 5 minutes), je dis à Sol que c’est à son tour de lever le pouce. Il y a une rumeur mondiale qui dit que quand une fille fait du pouce, ça marche. Et que quand c’est un vieux crouton avec un pata mauve, et une casquette rouge, ça ne marche pas.

Une minute plus tard, une voiture s’arrête, et la jeune femme nous dit d’embarquer.

Que je suis surpris.

Elle nous amène jusqu’à une station du bus (qu’on connait déjà), situé à 10 kilo de la station de train.

Chemin faisant, en discutant avec Sol moitié en anglais, moitié en espagnol, moitié en italien (ce sont des comptables Ulmeqs qui dirigent le tout), elle nous dit qu’elle ne serait jamais arrêtée pour prendre des pousseux, mais bon, elle nous considère de la famille car elle vit à Abatemarco.

5 jours, et nous voilà membre honoraire de la grande famille d’Abatemarco.

J’avoue en ressentir un certain plaisir. J’ai comme soudainement une nostalgie de la vie communautaire à la campagne.

Cela ne risque pas de durer. Mais bon, au cas où, est-ce que quelqu’un veut nous chercher une maison dans le bout de Rosemont? Saint-Michel? Maximum Longueuieueil? Au cas où on voudrait déménager en campagne… Non Pierre G., j’ai dit en campagne, pas sur un autre continent (même chose pour JF).

Bref, rendu à la station de bus, on achète un billet pour le bus qui va nous mener au train.

C’est fait.

On attend le bus avec un jeune qui nous pose les questions habituelles (d’où venez-vous? Quelle langue vous parlez? Quel est votre code sanguin?) et puis, soudainement, sans prévenir, il demande : « êtes-vous marié » (en Italien, mais on comprend grâce à ses gestes).

Sol me demande si cela arrive souvent qu’un ado pose ce genre de question, sortie de nulle part.

C’est avec mon grand sourire que je réponds que « oui ». Elle a soudainement beaucoup (plus) de respect pour moi (bon, vous comprenez ce que je veux écrire).

On embarque dans un bus normal (aux trois quart vide).

On arrive à la station de train.

On a le choix entre le train de 13H10, et d’arriver vers 16H30 : il coute 70 Euro pour les deux. Ou bien le train de 14H10 et arriver à 19H00. Prix : 35 Euro.

Comme dirait mon frérôt : le temps, c’est de l’argent.

On prend celui de 13H10. On est en vacances, que Diable!

On a des places assignées. Wagon 3, place 33 et 38. Genre, pas à côté l’un de l’autre.

On applique le système italien : On monte dans le wagon en face de nous (le 6), et on prend 2 banquettes face à face, super confo. Avec table au milieu.

On ne sera même pas contrôlé. Le train est à moitié rempli ou…

On se bouffe des restants que je traine depuis ce matin : raisin du jardin, yogourt, biscotte, biscotti et fromage de chèvre.

On change de train pour un traintinno : deux wagons, le chauffeur est celui qui vérifie aussi les billets. Ça donne une idée de la longueur du train.

On arrive à notre « gare » de traintinno, et Caterina, la proprio du logement que l’on va habiter à Capo Vaticano, nous attend avec sa voiture.

On arrive à notre logement-hotel : 40$ pour un deux pièces, chambre de bain, cuisinette et piscine. Bruits de la rue, par contre.

On est très content.

Tellement que, devinez ce que l’on décide de manger? Un poulet à la broche! Je pars à la Quête, sachant qu’il y a un resto qui en vend, à moins de 200 mètres. Évidemment, je pars dans la mauvaise direction, mais un Nigérien, qui se cherche un emploi, m’indique (en anglais) où la rôtisserie est.

J’y vais.

Je la voie.

Elle a l’air fermée.

Mais la boucherie est ouverte.

Je demande mon fameux « pollo »?

Il me signe que non.

Je lui dit : « Demain? ».

Il me refait le même geste.

Je comprends alors que l’avantage de voyager en fin de saison, c’est de ne payer que 40$ un logement avec piscine, à 2 kilo de la plage, mais avec vues sur les iles Éoliennes (donc un volcan qui fume!). Le désavantage : tu peux toujours courir pour ton poulet rôti, tu l’auras pas.

Au loin, une des îles Éoliennes avec un volcan en activité…

JF : je parie un poulet rôti pour notre gageure.

Bref, nous voilà installé pour une semaine.

Aujourd’hui vendredi, on vient d’aller explorer le littoral. Très beau, mer un peu froide quand même. Et les Allemands sont partout.

Au loin, la Sicile: notre prochaine étape. Très loin, l’Etna, le volcan le plus actif d’Europe.

On vient de se baigner dans notre piscine, on va se chercher notre bouffe à l’épicerie qui est à 50 mètres.

Il fait très beau : 25 degré. La nuit, cela tombe à 18 degré, et c’est très confortable. Ils annoncent cela pour les deux prochaines semaines.

Profitez bien de votre canicule septembière, veinards!

Syl

 

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