Quand suis-je quoi?
Vardun
17 mai (soir? Matin? Automne?)
Notre vol décolle à 17H10 d’Osaka, le même aéroport que lors de notre arrivé au Japon.
On a donc le temps. Et on le prend.
Un peu trop. On arrive quelques minutes trop tard pour prendre le monorail et le bateau vers l’aéroport. Zut.
On se rabat donc sur l’autobus limousine, comme ils appellent un bus (de luxe) ici.
Cela nous permet de découvrir le Japon des autoroutes, sous un ciel qui semble cracher des gouttes de larmes… En effet, on quitte les Asies, après 6 mois et demi plutôt merveilleux…
On suit donc pendant 60 kilo une espèce d’autoroute métropolitaine bâtie sur deux étages (cela prend moins de place) mais en plus moderne, avec péage en hauteur!
L’autoroute enfile pont après pont, pour rejoindre une série d’iles naturelles et d’iles artificielles.
Pour finir par arriver à l’aéroport.
On embarque sans problème dans l’avion.
Mais là, tout de suite, on sait que l’on vient de changer de continent, avant même d’avoir décoller: on est dans un avion de la United Airlines. Une compagnie américaine.
J’ai l’impression d’entrer dans les années 70.
Pas beaucoup d’espace pour les jambes, mais des siègent sommes toute assez confortables.
Même si on a le droit à une télé par siège, celle-ci est minuscule et on doit choisir l’un des 9 canaux de diffusion si on veut voir un film. Que l’on choisit pas…
Mon dieu. Vraiment les années 70!!!
Mais bon, on est étrangement fatigué, et je vais rapidement réussir à dormir… Sol pas.
Les 9 heures de vol ne sont pas si pénible que cela.
On atterrit à l’heure à San Francisco. On a deux heures pour attraper notre vol pour Montréal. Plus qu’il en faut.
Ahaha.
Faut franchir l’immigration, d’abord.
Y a du monde. Genre beaucoup.
Et y a pas d’employés. Genre, pas beaucoup.
Rapidement, on estime le temps d’attente: on parle d’une heure, minimum. Il nous reste ensuite à franchir les douanes avec nos sacs à dos, redonner nos sacs, franchir la sécurité américaine et attraper notre vol.
La panique frappe à notre porte.
On cherche des employés qui pourraient faciliter notre correspondance.
Zéro.
Dans tout les aéroports asiatiques, il y avait un employé au mètre carré, des fois deux.
Ici, pendant 45 minutes d’attente, on va en rencontrer zéro.
Bienvenue en Amérique.
Sol réussit à couper la ligne (elle est petite, elle a l’air innocente, elle est mignonne, et elle comprend pas que quand moi je tente de faire la même chose, je me fais battre). Heureusement.
On passe devant l’agent de l’immigration. Il nous explique qu’on a le temps, pas de problème, tout est sous contrôle.
Ah ben, nous voilà drôlement rassuré.
On évite la prise d’empreinte de la rétine, et la digitale: on est que de passage.
On fonce prendre nos sacs: il reste à peine une heure avant le décollage de l’avion.
On passe les douanes sans trop de soucis mais bon, ça prend quand même une quinzaine de minutes…
On amène nos sacs, en courant plus qu’en marchant, au convoyeur.
On monte à la sécurité.
C’est la fin.
Il y a une foule monstre.
Mais monstre: tension, désorganisation, peu d’employés. C’est le chaos, mes amis, le chaos.
On demande au comptoir d’informations le numéro de notre porte d’embarquement. Les deux messieurs se penchent sur notre cas. C’est long. J’avise un tableau indicateur. Je repère notre avion.
Les deux messieurs cherchent toujours alors que je leur donne la réponse. Je leur demande alors s’ils peuvent nous aider à franchir plus rapidement la foule monstrueuse, parce que sinon, on rate notre avion. Ils nous regardent, d’un air désolé, et nous disent, en français: “Dommage…”
Bienvenue en Amérique.
On plonge dans le foule.
Ça ne sera pas possible. On avise une des employés. On lui explique notre cas.
Elle est découragée.
Pas autant que nous.
Elle finit par nous amener dans la ligne des agents de bords. Elle nous dit de suivre les hôtesses… On va leur coller au cul, promit!
Les hôtesses passent devant les gens, nous aussi, il y a quelques réactions négatives puis on tombe sur le dernier obstacle entre nous et notre avion: un employé de la sécurité qui supervise l’ensemble des lignes d’attente.
Il nous interdit d’avancer, et même, nous donne l’ordre de reculer. On explique à plusieurs reprises notre cas: notre avion part dans 25 minutes. Une employés nous a dit de passer ici.
“Elle travaille pas pour nous, cette femme! Faites la file, vous avez passez devant ces gens”.
Et il nous pointe, entre autre, 4 ou 5 voyageurs, des Indiens.
Et eux aussi, ont un vol à prendre. Mais le leur est à 12H50, et le notre à 12H25.
Et là, le miracle indien: ils acceptent de nous laisser passer. On les remercie à coup de “namasté”. Faut bien que ça serve, d’avoir autant voyagé.
Enlève les bottes, enlève tout ce que l’on a sur soi, et on passe au scanner corporel.
Ça ressemble à une machine des premiers Star Treck.
Mais on a pas le temps de rigoler.
Sol passe en premier et disparait. Dans le sens de.
Le temps d’enfiler mes bottes, et je la voit plus.
Est-elle par en avant? Par en arrière? En bas, à la barrière 1AB?
J’hésite, je regarde partout et je choisis finalement d’aller en bas.
Elle est là, et notre vol n’est pas encore partit.
Il sera finalement en retard de 15 minutes. On est arrivé 5 minutes avant le départ théorique, ce qui veut dire que si Sol n’avait pas couper la ligne au début, si on avait pas couper la ligne de la sécurité, on y serait encore, à San Francisco…
Ce coup-ci, l’avion est moderne, résolument années 90.
On arrive à Montréal, et on passe comme une balle à la douanes, même si on a déclaré que 150$ de souvenirs, par personne, pour un voyage de 6 mois et demi.
On est accueillit par une bande de joyeux drilles (Éric, PGL, Alain et Pierre). Vraiment ça fait chaud au cœur. Tout comme le gros paquets de découpures de journaux québécois commentés à la main, que m’a envoyé mon père, pour que je puisse comprendre ce qui se passe ici.
Les trois auto se dirigent vers Vardun, et on est monté à bord de celle de PGL. Qui tourne en rond, en suivant correctement les indications routières…
Bienvenu en Amérique.
On arrive à la maison. Tout est en ordre. Maude a fait preuve d’une méchante bonne dose de responsabilité: les chats sont heureux, la maison est propre… Je connais deux ou trois de nos amis qui, à l’âge de Maude, se sont vu confier des apparts ou des maisons, et bon, ça faisait un peu désordre.
C’est un euphémisme.
Je vous ai déjà parlé du melon d’eau qui était sur la première grille du réfrigérateur et qui, laissé à notre gardien de maison, s’est retrouvé, trois semaines plus tard, sous le tiroir a légumes? Il avait carrément fondu.
Bon, évidement, laisser sa maison à une étudiante aux HEC, c’était courir le risque de se retrouver avec des lignes de coke un peu partout.
Et ben non.
Comme quoi que les préjugés ont la vie dure…
Sinon, ben là, on tente de passer à travers le décalage horaire. Il est horrible. On dors mal, on s’endort de jour, on est grognon. Mais Cro-Mignon quand même.
On espère que demain, vendredi, on va retrouver un rythme de vie plus normal. Y a des petits drôles qui parlent de une journée de gossage par heure de décalage.
Faudrait pas exagérer.
Je devrais écrire un dernier blogue d’ici une semaine sur nos impressions globales. Puis, pause jusqu’au début aout pour mes deux derniers voyages…
Je vous laisse sur cette unique photo, vue de notre chambre, de Vardun.
Bienvenu en Amérique.
